Depuis qu’elle avait découvert l’effet que lui faisait la vue de deux
personnes faisant l’amour, mais aussi la frustration que cela lui procurait, Marine se posait de plus en plus de questions sur son « cas », sur ce qui faisait d’elle une jeune femme
toujours vierge. Sentant qu’elle devait prendre les choses en mains, autrement que par la masturbation( !), elle découvrit un univers dans lequel elle perdait tout complexe, devenait
sensuelle et assurée, Internet. C’est ainsi qu’elle choisit de faire face à ce qui devenait pour elle une obsession. Elle ne pouvait en parler à sa sœur, qui lui aurait dit de draguer le premier
venu pour « passer à la casserole », ni à ses amis proches, qu’elle suspectait de la prendre en pitié.
Le monde virtuel du sexe devint un terrain de jeu, fascinant et sans
danger apparents. Les premiers temps, Marine passant quelques heures devant des films pornographiques, pro ou amateurs, plus ou moins bien fait. Mais rapidement cela n’eu pas sur elle l’effet
escompté. Elle se sentait plus sale qu’excitée, surtout parce qu’aux grés des visionnages, les images étaient ou trop semblables ou carrément répugnantes, allant dans des extrêmes qui la
dérangeait. Sans avoir gouté aux plaisirs de la chair, elle avait l’impression dans savoir trop, d’en avoir trop vu.
Alors Marine se tourna vers un autre genre de site, les sites de
rencontres. Parce que les conversations à tendances sexuelles ne la dérangeaient pas, bien au contraire, elle choisit des sites prônant le libertinage, le flirt,… Après quelques échanges
avec de nombreux hommes, elle découvrit ses limites, passant difficilement à l’étape où il faudrait se dévoiler, en photo, en caméra ou en réel. Elle décida cependant de faire quelques photos,
choisissant ainsi des poses sexy et subjectives sans être pornographiques, et des angles de vues lui garantissant l’anonymat. Marine fit alors d’autant plus de rencontres virtuelles, que ses
photos étaient appréciées, et qu’elle osa ne pas être sage, allumant outrageusement des hommes très consentant !
Les semaines passèrent ainsi, faisant quelque peu oublier à Marine que le
virtuel n’est pas le réel, et qu’elle n’avait pas la vie sexuelle qu’elle laissait volontiers imaginer aux hommes avec qui elle tchatait.
Mais, un dimanche après midi, la réalité la
rattrapa…
Connectée sur un de ses sites de prédilection, elle reçue un mail
d’approche d’un nouvel homme. Il était simple et concis « ma beauté, dit moi ce que tu veux, je suis la pour le réaliser »… Souriant à l’approche, elle cliqua sur le pseudo
« tonhomme » pour découvrir le profil de l’inconnu. Au vu de son « livre d’or » elle su très vite que sa technique devait être rodée et fonctionner avec de nombreuses femmes.
Puis elle découvrit les photos… et resta scotchée… c’était Adrien.
Au début paniqué à la pensé de passer auprès de lui et de leurs amis
communs pour une salope qui cherche des coups d’un soir, ou pour une allumeuse frustrée dans la vie réelle, elle réalisa soudain qu’il ne devait pas savoir à qui il s’était adressé. Forte de
cette déduction, elle conclu en toute logique qu’elle devait l’ignorer… Mais elle ne put résister à la tentation de répondre, de voir si elle pouvait séduire un homme comme lui. Il était celui
qui l’avait fait craquer, celui dont elle avait eu très vite envi, du plus profond de son intimité… Chaque fois qu’ils se croisaient en soirées, elle cherchait à lui parler, mais jamais il
n’avait essayé d’être plus qu’une connaissance ou un ami. Internet était l’occasion d’oser faire le premier pas. Que pouvait-il arriver, si il la rejetait, ce ne serait pas elle mais
« sexyreveuse ». Cherchant à se convaincre elle-même qu’elle ne faisait rien de mal, ni pour lui ni pour elle, elle répondit à ce mail de « tonhomme » - alias Adrien -
et à tout ceux qu’il lui envoya par la suite. De mots tendres, aux plus crues, de fantasmes échangés aux simples commentaires sur la journée passée, ils échangèrent ainsi quasi-quotidiennement
pendant près de 10 jours.
Bien sur, plusieurs fois Adrien proposa qu’ils se rencontrent. Jamais
elle ne lui dit non mais, au vu de son secret, elle savait que cela n’était pas envisageable.
Au bout de 10 jours, il devait commencer à vouloir dépasser ce stade des
mails et des quelques photos, et douter du fait que cela puisse se faire. Lorsqu’il lui proposa de faire une Visio-Cam, elle sut que si elle refusait, il s’éloignerait. Refusant de penser aux
bonnes raisons de mettre un terme à leurs échanges, elle accepta.
Ainsi, ils avaient « rendez-vous » le samedi suivant. L’ironie
voulue que ce soir là, une fête était organisée chez Lucie. Lorsqu’elle dit à Emma qu’elle n’y allait pas ou qu’en fin de soirée, celle-ci la chambra sur ses fausses excuses et sur le fait
qu’Adrien ayant dit qu’il n’irait sans doute pas, elle devait y voir peu d’attraits.
Pendant près d’une heure ils échangèrent messages instantanés et
images troublantes. Les mots de l’un orientant les caresses de l’autres ; les désirs étant réalisés en direct ; la masturbation devenait un réel échange, une sorte de
préliminaires à une passion qui serait torride si on lui permettait d’être explorée. Elle veillait à ne jamais montrer le haut de son visage, mais pour lui elle dévoila tout le reste,
progressivement, tout en délicatesse et en effleurements… Puis elle se caressa comme si elle découvrait pour la première fois son corps, ou plutôt comme si il le découvrait avec ses propres
mains. De l’autre coté de l’écran, Adrien en faisait autant, cherchant à ne pas aller trop vite vers le plaisir, à faire durer ses caresses, se mettant au supplice comme elle l’aurait fait en lui
prodiguant de douces caresses du bout des doigts et des lèvres…
L’heure paru magique à Marine… mais la chute en fut d’autant plus
brutale…
Que faire de cette relation virtuelle qu’elle rêvait réelle… Comment dire
à cet homme qui semblait attiré par elle sur internet, qu’il la connaissait dans la vie de tous les jours…
Le temps était venu d’arrêter de jouer et de vivre sa
vie.
Après quelques échanges avec Adrien, ils se saluèrent puis Marine
éteignit l’ordinateur, alla prendre une douche et partit à la fête de Lucie.